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Romain Goetz : coucou@romaingoetz.fr

La république

L'édition sans éditeurs - André Schiffrin //04-06-2017

"L'édition politique, surtout dans les années d'élections, a longtemps été un terrain traditionnel en Amérique. Pourtant, en 1992 et 1996, années d'élections présidentielles, il n'est pratiquement pas sorti de livres qui traitent pour le grand public des questions essentielles du pays. Sur les points qui touchent tout le monde - l'assurance maladie, l'avenir du système de protection sociale - on ne trouvait aucun livre sinon ceux qui défendaient un point de vue d'extrême droite, souvent subventionnés par des fondations ultra-réactionnaires et publiés alors par les grands conglomérats. Il ne fait aucun doute pour moi que les sujets les plus controversés, comme la NAFTA (North American Free Trade Association) ou l'assurance maladie nationale (National Health Care), auraient reçu des solutions très différentes si un débat public avait eu lieu, stimulé par des livres dignes de ce nom.
Les grandes maisons diront que tout ceci est dicté par les lois du marché. Mais comment accepter l'idée que soudain il n'existe plus de lecteurs pour s'opposer à l'idéologie dominante, pour s'intéresser à des solutions alternatives ? De fait, le remarquable succès des livres politiques publiés par The New Press confirme à la fois l'existence d'un vrai public et la nécessité pour l'édition de jouer un rôle à contre-courant des idées du moment."

— André Schiffrin - L'édition sans éditeurs - 1999 - La fabrique éditions

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Présidence //08-05-2017

Présidence Présidence

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Henry David Thoreau — La désobéissance civile //26-04-2017

Henry David Thoreau — La désobéissance civile

En ces temps électoraux, la Désobéissance civile de Thoreau est un texte qui pose de nombreuses questions intensément actuelles. Nous y répondons aujourd'hui avec Manuel Cervera-Marzal.

Voter, est-ce faire quelque chose pour la justice ? Le vote ne détourne-t-il pas notre attention de l'engagement véritable ? Et loin du Thoreau ermite inoffensif et non-violent que l'on s'imagine parfois, n'y a-t-il pas des circonstances qui justifient inéluctablement la rébellion armée ? Qu'est-ce qu'être hors la loi, si ce n'est parfois réactualiser la démocratie ?

Le texte du jour

Sous un gouvernement qui emprisonne quiconque injustement, la véritable place d’un homme juste est aussi en prison. La place qui convient aujourd’hui, la seule place que le Massachusetts ait prévue pour ses esprits les plus libres et les moins abattus, c’est la prison d’État. Ce dernier les met dehors et leur ferme la porte au nez. Ne se sont-ils pas mis dehors eux-mêmes, de par leurs principes ? C’est là que l’esclave fugitif et le prisonnier mexicain en liberté surveillée, et l’Indien venu pour invoquer les torts causés à sa race, les trouveront sur ce terrain isolé, mais libre et honorable où l’État relègue ceux qui ne sont pas avec lui, mais contre lui : c’est, au sein d’un État esclavagiste, le seul domicile où un homme libre puisse trouver un gîte honorable. [...]. Une minorité ne peut rien tant qu’elle se conforme à la majorité ; ce n’est même pas alors une minorité. Mais elle est irrésistible lorsqu’elle fait obstruction de tout son poids. S’il n’est d’autre alternative que celle-ci : garder tous les justes en prison ou bien abandonner la guerre et l’esclavage, l’État n’hésitera pas à choisir. Si un millier d’hommes devaient s’abstenir de payer leurs impôts cette année, ce ne serait pas une initiative aussi brutale et sanglante que celle qui consisterait à les régler, et à permettre ainsi à l’État de commettre des violences et de verser le sang innocent. Cela définit, en fait, une révolution pacifique, dans la mesure où pareille chose est possible.

  • Henry David Thoreau, La désobéissance civile, 1849.

Lectures

  • Henry David Thoreau, La désobéissance civile, 1849.
  • Henry David Thoreau, Plaidoyer pour John Brown, 1859, trad. Thierry Gillyboeuf,

Extraits

  • Django Unchained, film de Quentin Tarantino (2013)
  • Archive: Cedric Herrou (France culture, 5 janvier 2017).Cédric Herrou : Agriculteur de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), passeur de migrants africains en situation irrégulière, à qui il a offert gîte et couvert, et qui se revendique de la désobéissance civile ; il a été condamné à 3000 euros d'amende avec sursis, le 10 février 2017

Références musicales

  • BOF Django unchained. Annibale e I cantori moderni
  • Arvo Part Orchestre symphonique kimbanguiste around félicité (BOF Félicité d’Alain Gomis).
  • Kendrick Lamar, The Blacker The Berry live

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Mythologie du front républicain — Jöel Gombin //04-06-2017

"L’ambiguïté de la notion de front républicain tient à ce qu’elle mobilise l’imaginaire des « valeurs de la République », c’est-à-dire un référent d’ordre moral, là où en réalité les positions adoptées sont ajustées aux intérêts politiques de ceux qui les prennent. Ceux-ci sont de deux ordres : le strict bénéfice électoral, d’une part ; les enjeux internes des formations, d’autre part. Il s’agit donc d’une équation complexe, qui prend en compte le rapport de forces électoral, le mode de scrutin, le positionnement à l’intérieur du parti…"

[…]

"Le mythe du front républicain permet d’éclairer des situations politiques chaotiques, face auxquelles il n’existe bien souvent aucune bonne solution pour les acteurs impliqués. Il permet en outre de justifier des revirements politiques, au nom de l’impératif supérieur de la lutte contre le FN. Pour celui qui le mobilise, il offre l’occasion de se placer automatiquement dans le camp du bien, de la République et de ses valeurs, sans avoir à préciser ce que signifient concrètement ces référents, puisqu’il est entendu que l’extrême droite n’en relève pas."

[…]

"Au fond, le débat traduit aussi l’ambivalence de la situation du FN dans le champ politique français : à la fois central et marginal, insider et outsider. Il reflète aussi les ambiguïtés du recours au vocable « République », qui est à la fois camp (ceux qui sont pour, ceux qui sont contre) et champ (donc cadre des affrontements), et ne peut être une cause à défendre qu’à condition de se voir doté d’un contenu précis et explicite. Mais celui-ci peut-il vraiment être partagé de l’extrême gauche à l’UMP ?"

— Joël Gombin - Monde diplomatique - mars 2015 - source

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A (pas encore) voté //23-04-2017

À huit jours du premier tour, et avant le déluge des commentaires électoraux, il est temps de se tourner vers l'une des meilleures spécialiste du vote, la politiste Nonna Mayer, pour garder en tête quelques acquis essentiels de la sociologie électorale.

Dans huit jours, les citoyens français sont appelés à participer au premier tour de l'élection présidentielle. Les résultats de ce scrutin ne manqueront pas d'être largement analysés — cette bataille de commentaires faisant d'ailleurs pleinement partie de la compétition politique, elle n'attend même pas le vote pour commencer. C'est particulièrement vrai cette fois où, pour diverses raisons, les sondages semblent jouer un rôle majeur dans la structuration de l'offre politique comme dans l'appréhension des candidats par les électeurs. A entendre beaucoup de commentateurs, les électeurs seraient ainsi tous devenus d'extraordinaires stratèges, la palme étant même décernée aux abstentionnistes que d'aucuns osent fêter comme les seuls vrais militants du moment... Il est temps de remettre un peu de raison dans tout ça. Non pas dans le cerveau d'électeurs souvent moins "rationnels" que ne le voudraient les éditorialistes mais tout simplement dans l'explication générale du vote. Revenir aux connaissances que la sociologie électorale a patiemment accumulé, en compagnie de l'une des chercheuses les plus rigoureuses et expérimentées sur le sujet, Nonna Mayer. SB

Intervenants

Nonna Mayer : Politologue, directrice de recherche au CNRS, professeure à Sciences-Po
Sylvain Bourmeau : Journaliste
Bibliographie

Sociologie plurielle des comportements politiques
Sociologie plurielle des comportements politiques : je vote, tu contestes, elle cherche...
Presses de Sciences Po, 2017
Olivier Fillieule, Florence Haegel, Camille Hamidi et Vincent Tiberj

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Fictions Politiques — Patrick Boucheron //10-05-2017

  • Fictions Politiques (1/12) : « Chaque époque rêve la suivante » — Quelle est la séduction de la tyrannie? Comment le tyran, seigneur de Milan, Bernabò Visconti devient-il "de son vivant, un personnage de fiction" au 14e...

-Fictions Politiques (2/12) : La vérité : avant, après — Qu’avons-nous sous les yeux? Pourquoi avons-nous des raisons de douter de la force du vrai? Pourquoi Michel Foucault s’est-il intéressé aux effets de vérité?...

  • Fictions Politiques (3/12) : Archéologie des erreurs collectives — Quelle est la vérité du politique ? De Machiavel, fin observateur du désenchantement républicain et de l’Italie en guerre, à partir de 1494, au grand laboratoire...

  • Fictions Politiques (4/12) : Rompre le charme du théologico-politique — Comment rompre le charme du théologico-politique? Pourquoi Ernst Kantorowicz et Marc Bloch : lisent-ils pour se délier? Comment la double corporéité des...

  • Fictions Politiques (5/12) : La société eucharistique — Pourquoi "rejeter le témoignage des yeux et des oreilles"? Pourquoi l’orthodoxie de l’invraisemblable? Pourquoi 4 Evangiles? Quelle est la révolution narrative...

  • Fictions Politiques (6/12) : Le pouvoir cannibale — Comment notre système politique se fonde-t-il sur la métaphore eucharistique de l’Incarnation ? Pourquoi les rois chassent-ils ? Qu’est-ce que le pouvoir...

  • Fictions Politiques (7/12) : Face au Léviathan : l'événement visuel — Léviathan est-il un monstre bienveillant ou malveillant? Va-t-il nous dévorer ou nous incorporer? Pourquoi des images et pas seulement des récits? Pourquoi...

  • Fictions Politiques (8/12) : Nul ne sait ce qu’est un corps politique — Que montre et que cache le frontispice du Léviathan, cette habile et minutieuse façade du livre de Thomas Hobbes? Le colosse formé d'une myriade de corps...

  • Fictions Politiques (9/12) : Face au Léviathan, 3 : morphologie et histoire — Comment se placer à la tête d’un corps politique sans en être le chef ? Patrick Boucheron met en lumière Saint-François qui fait de la destitution, du renoncement...

  • Fictions Politiques (10/12) : Les passagers clandestins de la fiction — Pourquoi le petit père du peuple est-il en puissance de tuer tout son peuple? Quelle est la « lecture déplaisante » du Léviathan de Thomas Hobbes par Carl...

  • Fictions Politiques (11/12) : Qu'est-ce que préfigurer ? Des généalogies à rebours — Comment construire des généalogies à rebours? Pourquoi le recours à la préfiguration? Comment le souverain s’impose-t-il à la légende? Quel lien entre...

  • Fictions Politiques (12/12) : Pastiche, postiche et pouvoir parodique — "Comment faire, face à un pouvoir qui se parodie lui-même?" demande Patrick Boucheron. "Nous voici à nouveau face au tyran" dit-il. De l'abus du pouvoir...

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Fiches des cours : college-de-france.fr/site/patrick-boucheron/course-2017-01-10-11h00.htm
Émissions : franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/fictions-politiques

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"La France de Macron, un vote par défaut". //26-04-2017

"La France de Macron, un vote par défaut".

Par Léna Robin

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#LPJ #EnMarche //26-04-2017

@https://twitter.com/LPJofficiel/status/718141065979695104

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Adidas sort une Superstar retro “Tri-Color” rouge, blanc et bleu //21-04-2017

Adidas sort une Superstar retro “Tri-Color” rouge, blanc et bleu Adidas sort une Superstar retro “Tri-Color” rouge, blanc et bleu

Le géant des vêtements de sport sort un coloris classique et patriotique.

Pour tout ce qui touche à la mode, les tendances et les références sont un éternel recommencement, du rétro au moderne en quelques mois, et vice versa. Malgré cela, les vêtements classiques restent toujours une option intemporelle, que vous pouvez facilement marier avec une garde-robe contemporaine. On peut dire la même chose des sneakers, et de la nouvelle adidas « Tri-Color » Superstar, un design propre, entièrement blanc avec des détails rouge et bleu qui est un parfait exemple de coloris classique qui fonctionne toute l’année.

La nouvelle sneaker apporte une touche patriotique à son design, avec du rouge et bleu sur les trois bandes signatures du géant du sportswear, et du bleu sur le talon. La Superstar est un design conçu à l’origine en 1969 comme une chaussure de basket-ball. Les Superstars adidas « Tri-Color » Red, White & Blue sont au prix de 80 USD et sont disponibles chez une sélection de détaillants tels que Notre. Jetez un oeil aux détails de la sneaker dans la galerie ci-dessus.

By Alexander Lendrum

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Présidentielle : quatre points communs avec l'élection de 1965 //21-04-2017

Présence forte de la télévision, coaching par des agences, rôle de l'intime, ou encore champ politique déstructuré… Quatre points communs entre la campagne présidentielle actuelle et celle de 1965. A travers une archive, nous vous invitons à remonter le temps pour revivre cette campagne présidentielle cinquantenaire… à l'aune de la nôtre. Et ce grâce aux éclairages de l'historien Arnaud Teyllier.

Juste le temps de replanter un peu le décor : en septembre 1962, après l’attentat du Petit Clamart, le Général de Gaulle propose de modifier la Constitution afin que l’élection du président de la République dépende désormais du suffrage universel. La réforme est approuvée par 62% des électeurs. Trois ans plus tard, pour la première fois depuis 1848, les Français vont donc choisir leur président…

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