Tomorow in the paper

Affiche

2015

Affichage & typo­graphie

"Tomorow in the paper" est un projet d'affichage hebdomadaire dans l'espace public & urbain.

J'ai produit durant les deux mois suivant les événements de janvier des affiches et des brochures chaque semaine, traitant d'un sujet d'actualité, ou ayant buzzé récemment. Puis, j'allais placarder ces affiches en ville.

Affiches sérigraphiées à l'atelier de la HEAR —

"Tomorrow in the papers" est une chanson du groupe The Neon Judgment"Tomorrow in the Papers, Tonight on TV, make sure everyone can see".

L'information, ou tout du moins la manière dont elle arrive jusqu'à nos écrans, suit une logique qui lui est propre. Dépendante autant du lieu d'où on la cherche que de nos réseaux. D'un côté, les formes de recherches tendent à s'orienter de plus en plus vers les préférences indiquées par nos données, de l'autre,l'information nous arrivant par le filtre des réseaux sociaux est déjà naturellement sélectionnées par nos cercles de contacts, likes et suivi.

De plus, le flux informatif est si intense sur internet qu'il est impossible de tout lire, de tout voir sans que cela ne devienne un travail à temps complet. Certains sites de journaux comme l'Express ou Le Monde réactualisent leurs pages d'accueil avec de nouveaux articles toutes les 10 minutes.

L'information à laquelle nous accédons est donc parcellaire et, d'un certain point de vue, unique, car orientée d'une part via ce que l'interface/moteur de recherche estime plus en phase avec nos intérêt et de l'autre en fonction des choix de lecture que nous faisons. Il est pas exemple si simple de manquer une information, d'oublier un article, de ne pas voir certaines choses. Pas que cela nous soit caché, mais simplement que nous l'ayons traversé.

Le statut de l'information est ainsi ambivalent, doté d'un contenu se construisant autour de "nous"(l'internaute) et d'une ligne éditoriale autant dictée par les personne créant et diffusant l'information que par leur envie de générer du clic par son biais.

Cette information est aussi sujette à angoisses, à surnombre, à effet "Tsunami". Nous l'avons bien vu durant les événements Charlie. Chaque minute, voir presque chaque seconde,quelque chose de nouveau apparaissait sur le flux. Des oui, des non, des peut-être.Nous avions tous un mot à dire et nombreux sont ceux qui l'on mis en ligne.

Personnellement, cette information à empli mon espace de pensée disponible. Je ne savais plus quoi analyser, lire, voir, faire. L'information quotidienne suit le même schéma : elle doit être immédiate, elle est nombreuse, brève ou détaillée, non-sourcée ou vérifiée mais elle est omniprésente.

La réaction à cette information est ainsi elle aussi immédiate, nous réagissons de manière spontané, et donc émotive. La réflexion,l'analyse y prend moins de place, la transmission se fait par le sensible. Un titre provocateur, une image choc voir une pensée pré-machée.

Je tente ainsi dans ce projet d'affichage hebdomadaire "à chaud"de trouver une réponse à ces questionnements en m'enfermant dans les mêmes systèmes. J'ai produit durant les deux mois suivant les événements de janvier des affiches et des brochures chaque semaine, traitant d'un sujet d'actualité, ou ayant buzzé récemment. Puis, j'allais placarder ces affiches en ville.

À postériori, je me demande l'impact qu'elles peuvent avoir au vu de leur disparition rapide et de leur statut "d'affichage illégal". Ces images sont en un sens gratuites. Elle ne communiquent pas sur un élément "à vendre" et leur système tente (et j'insiste sur tente, car ce n'est pas encore réel), de sortir du système, voir des esthétique d'affichages dominants.

D'un côté, les affiches publicitaires,proprement installées dans des panneaux rétro-éclairé et protégées des intempéries, placées à des points clés pour leur visibilité. Souvent très travaillées et réfléchies quant à leur impact.C'est le style dominant car le plus visible, le plus fort. Tellement dominant que les panneaux publicitaires encadrent l'affichage urbain des instituions d'états.

Elles se servent des solutions proposées par la publicité pour exposer les messages destinés aux citoyens, en utilisant implicitement les mêmes codes.De l'autre, "l'alternative" : des images de mauvaise qualité, imprimées en masse et mal collées sur des panneaux d'affichage public ou des devantures de magasins en période de transition. (Je n'entre pas les systèmes géants ou plus ancrées dans le mobilier urbain au sien de cette courte analyse).

Si mon système utilise jusqu'à présent les moyens de "l'alternative" pour s'exposer, il use des codes du système dominant dans sa conception. Des affiches travaillées, esthétiques, proprement produites et presque proprement affichées. Ainsi, leur place me pose question et m'amène à vouloir tenter de répondre à ces questionnements dans la suite de ma production.