2018

Black Lens / Op-Film

Black Lens / Op-Film - Une Archéologie de l'Optique

À l’occasion de deux événements co-joints organisés par l’Espace Khiasma en mars 2018 ‍: l’exposition des artistes Filipa César et Louis Henderson, « Op-Film: An Archaeology of Optics » à Khiasma, et le séminaire expérimental de deux jours « Black Lens » qui se déroula à La Colonie. J’ai travaillé à créer leurs identités visuelles et communications.

L’exposition « Op-Film: An Archaeology of Optics » se composait d’un film et d’une installation explorant la façon dont les technologies optiques conçues à des fins militaires et coloniales – des lentilles de Fresnel des phares aux systèmes de navigation par satellite – informent et sont informées par des modèles occidentaux de savoir. Adoptant une approche critique des idéologies sous-jacentes à ces instruments de guidage et de surveillance, Filipa César et Louis Henderson observent la manière dont les gestes coloniaux de découverte, de révélation et de possession s’inscrivent dans les associations entre la vue et la compréhension, entre la projection lumineuse et le projet des Lumières

À sa suite, « Black Lens » mettait en dialogue une série de projections, de performances audiovisuelles et de conversations d’artistes et de théoriciens basés en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et au Portugal. Il fut construit comme une longue conversation traversant 4 demi-journées, un espace de travail ouvert où étaient mis en partage des formes et des recherches qui interrogaient les conditions d’invention de lieux sûrs (safe spaces) par le geste et le récit, le code et le corps.


Dossier de presse de l'exposition et du séminaire

L’affiche du séminaire «‍ ‍Black Lens‍ ‍» s’inspire du film «‍ ‍Sunstone‍ ‍», et du travail de diffraction, des distortions optiques appliquées aux lettres capitales. Elles viennent masquer l’un des textes d’une présentation du séminaire, jouant sur une certaine obscurité, presque océanique. Le bleu de fond est vivifié par des trames rouges et jaunes qui apportent du volume à l’ensemble.

Ces jeux typographiques, ceux d’un texte comme lu au travers d’un verre brisé, ce sont déployés sur toute la communication. Elle-même se décline en plusieurs documents ‍: les affiches, le dossier de presse, le programme, la feuille de salle de l’exposition ainsi que sa carte ‍/‍ légende — imprimée et reproduite sur le mur — puis un reader pour le séminaire. L’ensemble étant bilingue.

Pour permettre à chaque événement de posséder une identité spécifique ‍: qui marque leur indépendance l’un de l’autre — l’exposition et le séminaire, même si reliés, peuvent s’appréhender séparément ‍; tout en amenant une liaison concrète entre les deux, j’ai établi un principe de sectionnement, qui s’est servi du bleu comme ligne de démarcation. La communication de «‍ ‍Black Lens‍ ‍» pris place et forme par cette couleur, et celle de l’exposition — volontairement plus sobre et pointilleuse pour laisser place à l’esthétique du travail de Filipa César & Louis Henderson, employa une base blanche.

Les lignes de scission, les fissures, accompagnent les différentes pages des éléments de communication, principalement sur les titres et/ou comme filets d’illustrations & hiérarchiques. Elles ne viennent pas éclater l’ensemble des informations textuelles, pour permettre au texte écrit en Kame de rester accessible et de prendre un place réduite.

La composition et l’insertion de nombreuses informations en peu d’espace sur les documents imprimés fut un enjeu majeur quant au budget de ces événements — qui étaient, comme toujours à l’Espace Khiasma, gratuits.

Pour cela, la feuille de salle de l’exposition et le reader de «‍ ‍Black Lens‍ ‍» furent imprimés en noir et blanc, sur papier recyclé et façonnés en interne. Leur mise en page se sert de principes systémiques, inspirés des compositions scriptées. Ainsi, un ensemble de règles d’espacement, construites à partir des proportions de la Kame, agencent les colonnes. Les pages ne s’alignent pas sur une grille à ligne de base, mais à partir du texte lui-même ‍: la taille d’un paragraphe influence directement l’emplacement des éléments qui l’entourent. Et les colonnes sont cohérentes en leur suite et non en l’ensemble de la page.

Pour finir, j’ai également réalisé le travail d’archivage photographique de l’exposition et du séminaire, que je vous présente succinctement ci-dessus.

Vous pouvez télécharger les dossiers de presse : en francais ou en anglais.

L’exposition «Op-Film: Une archéologie de l'optique » (an archaeology of Optics) est une commande du centre d'art Gasworks et de la 8e Biennale Contour (Malines), soutenue par l’Arts Council England, Fluxus Art Projects, Cristina Guerra Contemporary Art et la Fondation Gulbenkian.

Le séminaire «Black lens » constitue la première étape du projet «Black Lens »
/ «Black Light », développé par Khiasma en collaboration avec archive Kabinett (Berlin). «Black light » aura lieu à Berlin en deux temps, en juin puis en octobre 2018. avec le soutien du fonds PERSPEKTIVE pour l'art contemporain & l'architecture (une initiative du Bureau des arts plastiques de l’Institut français, soutenue par le Ministère de la Culture et le Goethe Institut) et de FluxusAart Projects. «Black lens » est un programme associé du festival Cinéma du réel au Centre Pompidou.

Avec : Erika Balsom, Zach Blas, Christa Blümlinger, Jephthé Carmil, The Otolith Group (Kodwo Eshun & Anjalika Sagar), Denise Ferreira da Silva, Ciarán Finlayson, Ayesha Hameed, Onyeka Igwe, Nadia Yala Kisukidi, Nadir Khanfour, Margarida Mendes, Olivier Marboeuf, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, Arjuna Neuman, Rachel O’Reilly, Lorenzo Pezzani & Charles Heller, Ruth Wilson Gilmore.

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